UNE JOURNEE EN ENFER

UNE JOURNEE EN ENFER
En 1988, avec « Piège de Cristal », John McTiernan avait magistralement redéfini les règles du cinéma d'action, entraînant dans son sillage toute une série d'imitations et de déclinaisons souvent peu convaincantes. Même la suite directe du film, « 58 Minutes pour Vivre », cachait mal sa nature de remake et capitalisait essentiellement sur la sympathie des spectateurs vis-à-vis du malchanceux McClane condamné à sauver une nouvelle fois sa femme à la veille de Noël. Il était donc grand temps pour le réalisateur de « Predator » de revenir aux commandes de la franchise « Die Hard » qu'il avait lui-même inaugurée, afin de nous terrasser d'une nouvelle leçon de mise en scène et de rappeler à tous les copieurs qui est vraiment le maître.


Alors que les intrigues des deux premiers volets se basaient respectivement sur des ½uvres littéraires de Roderick Thorpe et Walter Wagner, celle de « Une Journée en Enfer » trouve son origine dans « Simon Says », un scénario écris par Jonathan Hensgleih et intéressant fortement les producteurs de « l'Arme Fatale » en vue d'un quatrième opus aux aventures de Mel Gibson et Danny Glover. Construit autour de devinettes et de petits jeux pervers dérivés de notre « Jacques à dit » français, le manuscrit convainc John McTiernan de mettre en chantier un troisième « Die Hard », même si le script subira de nombreuses modifications (seules les trente premières minutes ont été véritablement conservées). Si le cinéaste respecte les codes qu'il a lui-même mis en place, il insuffle une vraie originalité à cet épisode en les détournant intelligemment pour éviter tout effet de redite. Ainsi, l'unité de temps répond à l'appel mais les évènements s'étendent sur une journée ensoleillée alors qu'ils se déroulaient autrefois la nuit. De même, l'unité de lieux est joliment réinventée puisqu'à la verticalité du Nakatomi Plazza succède l'horizontalité de New York. Le terrain de jeu s'étend donc à une ville sans perdre pour autant sa puissance dramatique, la claustrophobie laissant place à la paranoïa (des bombes dans des lieux publics) et le décor faisant parti intégrante de l'action (métros, écoles, routes, banques, etc...). McTiernan parvient donc à prolonger le concept de la saga sans jamais se répéter, y compris dans son utilisation des faux terroristes mais vrais cambrioleurs qui se jouent des héros en leur balançant un gros rebondissement de série B honteux (la vengeance du frère Grüber) pour mieux les prendre à revers, et le public avec. Quand à l'incontournable McClane, il est redevenu l'anti-héros clopant en marcel (on le retrouve en mode clodo et il est jeté dans l'arène de Harlem en sous-vêtements avec une pancarte raciste) dont les nerfs seront mis à rude épreuve. Au détail près qu'il n'est plus au mauvais endroit au mauvais moment mais qu'il est un rouage de la mécanique narrative et que son duo avec l'excellent Samuel L. Jackson renvoie davantage aux buddy movies.


Ouvrant son film sur de splendides panoramiques sur l'île de Manhattan baignant dans une aube rouge, McTiernan plante d'emblée son unité de lieux et de temps mais en profite surtout pour installer un faux sentiment de calme qu'il va rapidement briser lorsqu'une bombe explosera dans un grand magasin. Une manière d'indiquer qu'il renonce au classicisme de sa mise en scène pour plonger dans un style plus chaotique, à la limite du documentaire (la musique du générique s'interrompt pour laisser place à l'horreur du drame). Dès lors, la tension ne retombera pas une seule fois, le script reposant sur une succession de bombes à trouver et à désamorcer avant de dévoiler toute la supercherie aux spectateurs. « Die Hard With a Vengeance » n'est que ça : un vaste tour de passe-passe, un trompe l'½il gigantesque jouant sur l'adrénaline pour détourner l'attention. Du Cinéma quoi. Baladant ses protagonistes d'un bout à l'autre de New York, le film a des allures de jeu vidéo puisqu'il faut sans cesse accomplir des missions pour obtenir de nouvelles informations au téléphone et avancer dans l'intrigue. Sauf que ces missions doivent être accomplies dans les temps impartis, le chronomètre conférant à chaque scène d'action des allures de course contre la montre. A ce titre, la meilleure séquence est peut être celle de la traversée de la ville en taxi, le trafic urbain devenant un obstacle à surmonter pour arriver à destination. L'occasion pour McT de nous gratifier d'un pur moment de folie, le taxi de McClane traversant Central Park à toute berzingue et la caméra embarquée à l'intérieur de l'habitacle décuplant l'immersion du spectateur (le bus s'arrêtant net à un carrefour ou l'étroit passage entre deux camions sont fichtrement efficaces). Employant au maximum la caméra à l'épaule pour intensifier la nervosité des séquences et employant un montage sous amphétamines créant un sentiment d'urgence permanant (superbe passage de relais entre la bombe de l'école et le climax sur le bateau par un jeu de montage alterné), McTiernan signe avec « Die Hard 3 » un magnifique opéra post-moderne (voir le pillage de la banque avec son ballet de camions sur fond de chant militaire composé par Larry Hochman).


Plus invraisemblable que ses prédécesseurs et tombant parfois dans l'excès de revirements dans son dernier tiers (le dénouement du film est franchement bâclé tandis que la fin alternative présente dur le dvd est aussi classe que hors sujet), « Une Journée en Enfer » n'en demeure pas moins un grand moment de plaisir sur pellicule. Un idéal du buddy movies évitant de recycler bêtement les ingrédients du premier épisode et se payant de luxe d'instaurer une nouvelle norme dans l'approche de l'action (« 24 Heures Chrono » ou les aventures de Jason Bourne lui doivent beaucoup). Yi-pee-kaye !


NOTE : 5/6

# Posté le mercredi 11 juillet 2007 11:04

Modifié le vendredi 13 juillet 2007 13:18

58 MINUTES POUR VIVRE

58 MINUTES POUR VIVRE
Il n'aura pas fallu attendre longtemps pour que le succès de « Piège de Cristal » entraîne la mise en chantier d'une suite toujours supervisée par le producteur JoEl Silver et avec Bruce Willis renfilant le costume de héros poissard. Deux ans après les évènements tragiques ayant secoué le Nakatomi Plazza, c'est donc au tour du Dulles Airport d'être pris en otage par une bande de terroristes prêts à tout pour délivrer un puissant dirigeant du cartel de la drogue colombien. C'était sans compter sur la présence de John McClane bien décidés à contrecarrer leurs plans. Réalisé par Renny Harlin et non plus par McTiernan, « Die Harder » est une suite misant sur la surenchère à défaut de posséder le quart du génie du son illustre prédécesseur.


Basée sur la nouvelle « 58 Minutes » de Walter Wagner, le scénario de ce second épisode tente désespérément de retrouver la formule du premier sans chercher vraiment à s'en distinguer. Si bien que l'on a plus souvent l'impression d'assister à un simple décalque de « Die Hard » qu'à une histoire vraiment originale. L'action se situe ainsi une nouvelle fois à la veille de Noël, un black sert encore de compagnon au flic le plus malchanceux du monde, l'épilogue est photocopié au détail près, le fax remplace l'écran tactile pour figurer l'aversion de McClane à la technologie, les autorités sont d'éternels incapables mettant des bâtons dans les roues du héros, la femme de ce dernier se retrouve à nouveau en danger et croise par le plus grand des hasards l'insupportable journaliste qu'elle avait frappé autrefois...
Classique, la trame de « 58 Minutes pour Vivre » permet de mesurer à quel point le travail de réécriture effectué sur « Piège de Cristal » était suffisamment rigoureux pour transcender toute une série de poncifs. En effet, si les deux films reposent globalement sur la même formule, il est évident que Renny Harlin n'aura pas su, contrairement à un McTiernan, se réapproprier les codes du genre. Preuve en est avec la version light de John McClane qui, s'il se démène toujours autant pour déjouer les plans des terroristes, est désormais un type plus aimable, ne fumant et ne buvant plus, évitant si possible les jurons et à la vie de famille bien rangée. Autre preuve du décalage entre « Die Hard » et « Die Harder » : le traitement des méchants. Alors que McTiernan avait volontairement transformé la bande d'Hans Grüber en simples braqueurs pour apporter une note légère au divertissement, Harlin préfère quand à lui reprendre les figures du Mal archétypales avec la mâchoire carrée, substituant souvent le drame à l'humour (un avion s'écrase avec tous ses passagers) et ne cherchant jamais à lier le héros à son antagonistes (McClane et le Colonel Stuart n'auront pas un seul véritable échange).


N'effleurant pas une seule seconde la thématique sur le conflit de l'homme moderne face à sa nature primitive qui faisait la richesse du précédent volet, « 58 Minutes pour Vivre » ne vise que l'accumulation de rebondissements propices à tout un déballage d'effets spéciaux spectaculaires : tempête de neige, extinction des feux d'une piste d'atterrissage, crash d'un avion, poursuite en scooter des neiges, bastons à mains nues dans la salle de tri de bagages, final sur l'aile d'un Boeing au-dessus d'un réacteur, sans oublier l'incontournable séquence du siège éjectable... Une superproduction tout ce qu'il y a de plus hollywoodien en somme, basique et carrée mais souvent sympathique grâce au charme ironique d'un Bruce Willis se demandant lui-même comment une telle malchance peut lui tomber dessus deux fois de suite.
S'il respecte bien l'unité de temps instaurée par le premier film (l'action s'écoule sur une nuit) ainsi que l'unité de lieux (à l'exception d'une petite virée dans une église se trouvant à proximité de l'aéroport de Washington), force est d'admettre que Renny Harlin ne possède pas le même don que John McTiernan pour gérer la spatialisation des décors. Conscient de ses limites, le futur réalisateur de « Peur Bleue » et « Cliffangher » exécute docilement la commande passée par les producteurs, compensant son absence d'innovation par une approche gol (voir l'auto libération débile du Général de république bannière) rendant certes « 58 Minutes Pour Vivre » semblable à bien d'autres métrages conçus au début des années 90 mais comportant suffisamment d'idées funs (le tapi roulant, la ligne de flamme dessinant une piste d'atterrissage, le stalactite dans l'½il) pour que le spectateur puisse éprouver un certain plaisir à la vision d'un John McClane encaissant les coups et bravant les éléments avec une énergie inépuisable.


Copie en nettement moins bien d'une des plus grande référence du cinéma d'action, « Die Harder » est l'exemple parfait pour étudier les différences qui séparent l'honnête artisan (Renny Harlin) du véritable artiste (John McTiernan). Le premier emballera correctement ses séquences mais sans vraiment se démarquer de la concurrence. Le second possèdera toujours cette étincelle de génie rendant une ½uvre unique, avec un vrai regard sur le monde et un style novateur. Une chance pour les fans : c'est bien le second qui repassera derrière la caméra pour signer le troisième voyage en Enfer de John McClane.


NOTE : 3/6

# Posté le lundi 09 juillet 2007 03:34

Modifié le mercredi 11 juillet 2007 11:04

PIEGE DE CRISTAL

PIEGE DE CRISTAL
Un hôtel investi par une bande de braqueurs prenant tout le personnel en otage. Un héros avec une grosse paire de couilles qui balance des blagues entre deux bastons contre les méchants européens. Des second rôles pas du tout clichés allant du black rigolo de service au flic bouffeur de beignets en passant par le vilain journaliste crapuleux. Cela pourrait être le point de départ de n'importe quel divertissement bêtement bourrin des années 80 et pourtant, il s'agit bien du canevas de « Piège de Cristal », référence incontournable du cinéma d'action encore plagiée aujourd'hui. Ou comment un génie de la trempe de John McTiernan est parvenu à transcender un mauvais script (initialement conçu comme une suite de « Commando » avec Arnold Schwarzenegger) pour totalement redéfinir la conception du cinéma à grand spectacle.


Question : comment le premier volet de la saga « Die Hard » a-t-il pu devenir ce qu'il est aujourd'hui, tout en sachant que le réalisateur lui-même crachait sur le scénario qu'on lui avait proposé ? La réponse est assez simple : par quelques modifications sensibles au niveau de la caractérisations des personnages (les terroristes devenus une bande de voleurs capable de voler une barre chocolatée) et par l'apport d'idées originales permettant d'accentuer le potentiel dramatique des enjeux (l'usage de talkies-walkies permettant au personnage principal de discuter tout le long du film avec son ennemi), la banale série B sans âme a pu s'élever à un tout autre niveau d'ambitions, aussi modestes soient-elles. McTiernan ne s'en est jamais caché : en lieu et place d'une figure bodybuildé dans la veine de Stallone défonçant la tronche de ses ennemis, il préférait mettre en scène un véritable anti-héros en tirant profit du large potentiel d'un Bruce Willis alors vedette d'une sitcom. Indissociable de l'esprit « Die Hard », John McClane admet lui-même n'être ni John Waynes ni Rambo. Loin des clichés fantasmés par Hollywood, il n'est qu'un flic habillé en civil et ayant le malheur de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Sa vie de famille est pour le moins pathétique, il entretient son image d'homme viril en fumant et en buvant beaucoup et il manifeste un certain mépris pour ses supérieurs hiérarchiques. Une attitude bad ass attitude pour un type ne comprenant strictement rien à la technologie moderne (l'épisode de l'écran tactile) mais doté d'une remarquable intelligence, étant capable par exemple de transformer un ordinateur en bombe. Refusant une approche trop sérieuse de son sujet, McTiernan injecte une forte dose d'ironie mordante à son histoire en opérant un final jouissif où les personnages rient eux-mêmes des codes du western qu'ils sont en train de vivre (Cy Cooper et l'esprit cow-boy sont ouvertement cités par les dialogues). Une sorte de conclusion délirante à ce qui n'est jamais qu'un duel à mort opposant un dur à cuire au charme animal (il passe tout le film pieds nus et le termine torse poil) mais doté de raison à une bande de voleurs ultra cultivés citant le Times et commettant des massacres sans se salir la chemise.


Prolongeant la thématique déjà amorcée par son brillant « Predator », McTiernan part d'un postulat simpliste pour évoquer un monde moderne pouvant rapidement régresser. Ici, le Nakatomi Plazza est un véritable temple du capitaliste ne faisant absolument pas le poids face à la sauvagerie de l'être humain, l'espace froid et aseptisé finissant par se muer en une jungle d'acier (l'étage en construction et ses barres d'échaffaudages éparpillées comme un champ de bambou) et de béton (après l'explosion du toit, la salle des fêtes ressemble à une jungle tropicale avec des câbles en guise de liane autour du bassin d'eau). Hans Grüber et ses hommes auront beau être armés jusqu'au dent, ils ne pourront pas faire le poids face à un John McClane fusionnant avec son environnement pour revenir à l'état de nature.
Exploitant au maximum les multiples possibilités offertes par son décors (toit, ascenseur, tunnels d'aération), McTiernan tend vers une implacable efficacité en mettant l'accent sur l'unité de temps (le script, étalé sur 3 jours, fut condensé en une seule nuit), d'action (les enjeux dramatiques exposés au crépuscule trouvent tous leur conclusion à l'aube) et de lieux. Il profite ainsi du générique d'ouverture pour orchestrer un élégant plan séquence permettant de situer la géographie des différentes pièces d'un étage et recourt à un découpage rigoureux lors des échanges aux talkies-walkies qui ne désamorcent ainsi jamais la claustrophobie du récit (McClane se positionne toujours de sorte à être « face » à ses interlocuteurs, entamant de faux champs/contre-champ qui confèrent une impression de proximité entre eux). On ne saurait donc minimiser l'intelligence de la réalisation qui maintient une tension constante par des procédés savants : flashs lumineux sur le toit de l'immeuble produisant un effet comparable à un stroboscope sur le spectateur, travelling latéral sur McClane derrière des barres de fer (chaque barre découpe ainsi le plan en une multitude de vignettes, soit l'illusion d'un montage accéléré donc nerveux) sans oublier l'utilisation jusqu'alors proscrite de flares sur la lentille qui font déborder l'action de l'écran en lui conférant une certaine réalité.


Inspiré d'un roman de gare relatant la prise d'otage d'un hôtel par des mercenaires, « Piège de Cristal » aura su se démarquer des autres productions de l'époque par un ton léger (la Neuvième Symphonie de Beethoven qui tourne en boucle) ne parasitant jamais la mécanique du suspens. Un idéal de cinéma populaire, alliant l'inventivité de la réalisation avec l'audace de sa représentation d'un anti-héros américain au charme nonchalant. Un plaisir pour les yeux qui n'oublie pas de faire marcher la matière grise. Une formule magique mainte fois imitées (avec un bus, un avion ou un bateau à la place de l'hôtel), jamais égalée.


NOTE : 6/6

# Posté le vendredi 06 juillet 2007 22:20

Modifié le mardi 10 juillet 2007 00:56

GERARD BUTLER - chapitre 5

GERARD BUTLER - chapitre 5
Ils ont encore frappé ! Qui ça ? Les responsables du département "Foutons-nous ouvertement de la gueule des petits gens du peuple qui sont cons".

Vous trouviez que l'infâme générique français de "Prison Break" était un joli carnage destiné à vendre des disques de Fouf la Ragnoufe ? Vous ne vous êtes pas encore remis de votre consternation en entendant l'hilarant « A Armes Egales » composé spécialement pour massacrer l'esprit du film « 300 » ? Tremblez pauvres mortels ! TF1 enfonce le clou en se faisant tatouer « mépris » sur le front. Le public français ayant toujours été considéré comme une merde, la grosse chaîne qui fait des prouts continue de le niveler par le bas en défigurant la série événement « Heroes » par le biais d'un générique tout pourri entonné par une des nénettes du « Roi Soleil » (Victoria Petrossillo : une voix pas désagréable employée à mauvais escient) .

Alors c'est assez simple : d'un côté, il y a le générique US : sobre, classe, mystérieux. De l'autre, il y a ça : une chanteuse formatée qui énonce des banalités (ou des conneries) piochées dans le Manuel le « Héros pour les Nuls » sur fond de guitares électrique qui montrent qu'elle a trop la rage. Un grand moment de Rien (les deux phrases du refrain tournent en boucle pendant tout le morceau) avec plein de zéros derrière (c'est que ce genre d'opérations commerciales, ça rapporte pas mal).
Bien entendu, c'est le label Music One qui produit la soupe (on leur devait déjà le mémorable « Balance-toi » du très crédible Tony Parker) en trahissant l'esprit de la série. Explication de TF1 : le public français est habitué à des génériques avec une chanson accompagnée d'images de la série. Et bien à ces gros enculés, je ne saurais que trop conseiller de se dépêcher d'écrire une musique tendance pour « Lost », ça leur fera un peu plus de thunes pour s'offrir d'autre programmes américains à massacrer.

Question : retrouvera-t-on cet abominable machin post-Evanescence sur le coffret dvd de « Heroes » ou pas ? Je demande parce que je voudrais pas qu'on m'accuse de faire tourner la mule (télécharger, c'est mal ça fait perdre de l'argent aux gros cons. Par contre défigurer les séries dans l'unique but de faire du pognon, c'est bien et tout à fait légal) afin de pouvoir apprécier la série dans ce qu'elle était à la base (c'est à dire aussi sans ces doublages de merde).


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Je continue aujourd'hui avec un coup de gueule contre l'exemple typique du critique cinéma de gauche qui débite des anneries avec un surprenant aplomb : MONIQUE PANTEL !
Un petit tour sur le site internet qui lui est consacré permet de bien cerner le personnage et de mesurer le danger qu'il représente.

exemple de critique signé Momo avec son avis fort éclairé sur Taxi 4 :
"Je suis à Agen chez ma soeur Janine. On s'est battues hier au cinéma pour monter dans le Taxi du succès. C'était pris d'assaut par les djeunz. Mais heureusement à Perpignan notre nièce Claire qui a 14 ans, l'âge pour voir le film, elle a vu Taxi 4 de Besson, elle a adoré. C'est très marrant, bien mieux que le dernier a-t-elle dit. C'est un criminel belge (évidemment, les belges), il s'échappe du commissariat. Le commissaire, qui est génialement joué, dit-elle, par Bernard Farcy, le poursuit. Le taxi aussi. Et ce qu'elle a beaucoup aimé c'est les enfants du film, c'est les enfants du film. Maintenant on a rajouté au commissaire et au taxi, elle dit que ça donne une note de fraîcheur, ses copains ont beaucoup aimé, et donc moi aussi. "

voici également son analyse très poussé de Old Boy :
"Alors je suis allée le voir jeudi matin, et c'est incompréhensible mais c'est saisissant. On est cloué là aussi. Je suis pas partie du tout même pour faire pipi. Un homme se réveille un matin, enfermé dans une chambre banale. Il est joué très bien par ... Il se réveille là, il comprend pas pourquoi il est là, comment il est là, il ne sait rien, il est nourri, logé (ça c'est sûr), et il apprend par la télé qui est là qu'il aurait tué sa femme. Il comprend pas pourquoi. Il va rester 15 ans, et au bout de 15 ans il va arriver à s'évader et il va vouloir se venger. On ne comprend pas ça fait rien, c'est formidable. On est subjugué ! Moi j'ai pas compris à la fin, mais c'est fascinant. "


Vous êtes consternés ? Bouche bée devant votre écran d'ordinateur ? Et bien sachez que cette femme existe bel et bien. Elle a une chronique dans "On va se Gêner", l'émission de Laurent Ruquier qui passe le vendredi sur Europe 1. Sachez également qu'elle a participé à de nombreuses émissions (sur Cannes, chez Fogiel), qu'elle écris des livres et qu'elle est apparamment très appréciée dans le milieu du cinéma... au point que Truffaut a écris qu'elle "parle comme il aimerait écrire et chanter". Avait-il bu ce jour là ou bien rêvait-il vraiment de chanter et écrire comme une vieille conne sans talent pistonnée par ses bourgeois de parents ?

En tout cas, ce genre de personne fait peur parce qu'elles sont payées pour éclairer les spectateurs alors qu'ils sont incapables de comprendre ce qu'elles voient préférant aligner des banalités (j'aime bien ce film. J'aime pas celui-là), des aneries impardonnables (Kiki serait le prmeier film de Myiazaki) ou des jugements de valeurs (son avis 100% bobo sur la Chute). Terrifiant.

Message aux internautes :
TOUTE PERSONNE SUSCEPTIBLE CROISER CETTE GROSSE CONNE EST PRIé DE LUI EXPLOSER SA SALE GUEULE POUR LE BIEN DE L'HUMANITé

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On finit par un petit paquet de bande-annonces qui rappele qu'il n'y a pas que les blockbusters de l'été dans la vie.

* Y a les blockbuster d'hiver aussi ! Premier teaser pour un Astérix aux Jeux Olympiques qu'on espère du niveau du 2em opus (il sera difficile d'atteindre les tréfonds du 1er volet). Casting dantesques, caméos de sportif en pagailles, une vraie ampleur dans la comédie, un Benoit Poelvorde qui s'éclate en César (même s'il reste dans son registre habituel)... Seule inquiétude : cette tâche d'Uderzo ayant fait savoir qu'il trouvait la bouze de Claude Zidi formidable et qu'il dénigrait l'opus de Chabat, on peut se demander si son droit de regard ne risque pas de faire pencher la balance du mauvais côté (il suffit de relire le pathétique dernier album d'Astérix pour comprendre à quel point Uderzo a trahi l'esprit du personnage).

BAROMETRE : 4/6


* Après avoir ouvert l'année avec la petite cuvée "Une Grande Année", Ridley Scott la cloturera avec une oeuvre nettement plus ambitieuse : American Gangster. Sujet mafieux par excellence (un dealer de Harlem transporte de la drogue dans les cerceuils de soldats morts au Vietnam), reconsitution fastueuse des années 70, casting 5 étoiles (Denzel Washington et Russel Crowe de retour dans la course à l'oscar ?)... Chef d'oeuvre en vue ?

BAROMETRE : 5/6


* Comme on pouvait le craindre, l'adaptation très attendue de "Je Suis une Légende" n'entretiendra pas beaucoup de rapport avec le roman de Richard Matheson. Avouons que certains plans de New York à l'abandon sont impressionnant et que les images de panique posent efficacement un climat apocalyptique. Reste que Will Smith en vedette est toujours synonyme de "super héros trop cool, man" (plans sur son corps parfait, effets tendances sur sa super bagnole estampillée Fast and Furious...) et que la présence du réalisateur de Constantine derrière la caméra invite à la méfiance, surtout que voir le héros se trimbaler avec une mitrailleuse promet surtout de l'action décérébrée aseptisée et non de la violence primale comme dans le livre.

BAROMETRE : 2/6


* Dire que 99 Francs est un des films que j'attend le plus cette année est un euphémisme. Un bouquin mordant de Beigbeder sur les coulisses de la pub (c'était avant qu'il n'entre à Technikart et servent de plante verte chez Denisot) Jan Kounen à la caméra, Jean Dujardin devant... Et puis des phrases cultes que je ne peux qu'adorer (« Chez Procter, on a un dicton: " Ne prenez jamais les gens pour des cons mais n'oubliez jamais qu'ils le sont." » : ça me rappele quelques missives parues sur mon blog, tiens). Vivement le 26 septembre !

BAROMETRE : 5/6


* Futur documentaire que tout le monde encensera pour la splendeur des images, Un Jour sur Terre semble proposer un best-of National Geographic à base de plans animaliers et de survols d'une Nature encore intacte. Une invitation à l'évasion avec plein de superbes images du monde. Mais le film d' Alastair Forthergill ira-t-il vraiment au-delà de la contemplation ?

BAROMETRE : 3/6


* Matt Damon l'a promis : la Vengeance dans la Peau sera le dernier épisode des aventures de Jason Bourne. Toujours assurée par Paul Greegrass qui avait signé le second volet, cet ultime volet de la trilogie d'espionnage promet déjà de nouvelles scènes d'action réalistes et percutantes même si un air de réchauffé commence à poindre son nez (encore une poursuite en bagnole ?)

BAROMETRE : 3/6


* On termine avec une des curiosité de la rentrée : l'intrigant Sa Majesté Minor de Jean-Jacques Annaud. Un univers magique, un José Garcia totalement métamorphosé en créature mi-homme mi-cochon (mais avec un look plutôt ridicule), un Vincent Cassel étonnant en Dieu Pan (on est loin du Faune de Del Toro), un visuel entre la Guerre du Feu et le RRRrrrr des Robins des Bois... Bref, on ne sait pas trop à quoi s'attendre (comédie ? récit mythologique ? Drame ?) et les premières images ne sont pas spécialement emballantes. Foirage magistrale ou oeuvre magique qui a bien des mystères a révéler ? Réponse le 10 octobre

BAROMETRE : 3/6


A la semaine prochaine, le temps de passer en revue la saga Die Hard ! (vous ai-je déjà dis tout le mal que je pensais de Len Wiseman ?).
NB : l'affaire "Arrêt sur Image" abordée lors de mon précédent billet d'humeur continue ici. A suivre...

# Posté le jeudi 05 juillet 2007 18:02

Modifié le vendredi 06 juillet 2007 22:16

UNDERWORLD 2 - EVOLUTION

UNDERWORLD 2 - EVOLUTION
Si le premier « Underworld » tentait de péter plus haut que son cul en dépit d'un budget pour le moins limité compte tenu de ses prétentions (22 millions de dollars, une broutille compte tenu du sujet abordé), il finissait par se ramasser méchamment la gueule, faute d'un script un tant soit peu écris et d'une mise en scène d'une infâme platitude. Ayant apparemment entendu les doutes émis quand à ses capacités de réalisateur, Len Wiseman, nanti d'un budget deux fois plus élevé, a décidé de se sortir les doigts du cul pour exploiter enfin les multiples possibilités de son univers excitant dans le cadre d'une suite plus généreuse niveau spectacle et plus riche en terme de mythologie. Ce qui ne veut pas dire pour autant que l'on a affaire à un bon film.


Débarrassé de ses insupportables oripeaux rococos sortis tout droit du manuel « le Gothique pour les Nuls », « Underworld 2 » plonge dans un monde plus moyenâgeux (inspiration revendiquée dès le sympathique prologue), loin de l'esprit urbain de son aîné tout en en constituant le prolongement logique. L'effondrement des clans respectifs et la fuite en avant de Selene et son chippendale de service (Scott Speedman : plus fadasse tu meurs) permettent au récit de démarrer plus rapidement (les présentations ont déjà été faites) et de s'orienter vers une course poursuite haletante au milieu d'une nature hostile, loin de toute civilisation. Forêts enneigées, navire dans la brume, cryptes inquiétantes, château abandonné... L'impression de voir les personnages évoluer dans trois décors en Hongrie s'est envolée, le champ de vision s'est élargi et la franchise prend une ampleur bienvenue. Resserrée autour du couple vedette, l'intrigue gagne en dynamisme (il faut dire que le film dure 30 minutes de moins que le précédent épisode, ça aurait été criminel de faire aussi chiant) et se fait moins confuse, chaque enjeu annexe trouvant sa place logique au sein d'une trame linéaire.
Mais la vraie « Evolution » du titre, c'est que Len Wiseman a arrêté de faire sa pucelle et assume désormais son pitch en offrant au public ce qu'il était venu chercher depuis le début, à savoir des affrontements dignes de ce nom entre créatures fantastiques. Combats à mains nues entre hybrides et loups-garous, fusillades en tout genre, cavaliers démastiquant du lycanthrope dans un village en flammes, course-poursuite entre un vampire ailé et un camion sur une route sinueuse de montagne... Des morceaux de bravoure diversifiés et globalement efficaces (sans plus) qui se permettent quelques écarts gores (mais pas trop) toujours bon à prendre. Si l'on y ajoute des effets spéciaux convaincants et des méchants charismatiques bénéficiant à nouveau du travail impeccable de Patrick Tatopoulos, « Underworld 2 » a tout de la suite efficace ayant retenu les leçons de son modèle.


C'était sans compter sur l'indigence d'un script certes plus simple mais toujours aussi mal rédigé. Alors que la reprise d'éléments tirés du premier volet aurait du permettre à la mythologie de gagner en cohérence, c'est tout le contraire qui se produit, le recourt à des multiples flash-back toujours aussi moches (mais moins bruyants) tarabiscotant inutilement une temporalité dont on arrive plus à situer les évènements par rapport aux autres, au point de perdre de vue les motivations pourtant pas très compliquées de chacun. L'implication émotionnelle frise donc une fois de plus le niveau zéro, les aspirations shakespeariennes étant foirées dans les grandes largeurs par une narration poussive enquillant les scènes d'action pendant 40 bonnes minutes avant de nous balancer à la gueule tous les enjeux dramatiques d'une traite durant un interminable quart d'heure de bavardages explicatifs (le personnage dévoilant les tenants et aboutissants du récit semble n'avoir été crée que dans ce seul but).
Incapable d'apporter la moindre consistance à ses héros, Len Wiseman passe constamment à côté de leurs dilemmes intérieurs alors que c'était sûr eux que reposait la clef de voûte de tout l'univers en pleine révolution. L'humanisation progressive de Selene passant de machine à tuer à celle de femme faillible était capitale puisque c'est son amour avec un hybride qui marquait la fin d'une ère et le passage à un avenir plus paisible. Malheureusement, cette dimension romantique et tragique est joliment sous-exploitée, les quelques pistes intrigantes (Corvin ayant du mal à composer avec sa double identité, vomit sa choucroute dans une auberge) étant vite oubliées au profit de séquences plus clichées et souvent ridicules (la scène de sexe pas crédible pour un sous). Et si le réalisateur met toujours aussi bien en valeur sa femme qui le lui rend au centuple, on ne peut que rager d'assister à un tel défilé de figures désincarnées auxquelles on ne peut jamais s'attacher. Il faut dire aussi que la majorité du casting ne fait pas vraiment d'effort pour sortir du cabotinage irritant.


« Underworld 2 », en dépit de progrès sensibles tant au niveau de l'écriture que de la mise en scène, confirme au moins une chose : le ratage intégral du premier opus n'était pas tant la faute à un manque d'argent qu'à l'absence relative de talent de Len Wiseman. Du coup, le réalisateur peut bien boucler sa trilogie comme ça lui chante (il s'agira vraisemblablement d'un préquel), on s'en fiche maintenant complètement. En revanche, ça fait quand même un peu mal au cul de se dire qu'un pareil tâcheron a été mis aux commandes du quatrième épisode de « Die Hard ». John McClane méritait mieux que ça. Et nous aussi.


NOTE : 2/6

# Posté le mardi 03 juillet 2007 20:34

Modifié le jeudi 05 juillet 2007 10:13