MERO ET SKYBLOG : LE POINT

MERO ET SKYBLOG : LE POINT
Un mois. Un mois que je n'ai pas fait une seule mise à jour sur mon blog. Un mois que je ne passe presque plus ici, que je n'en ressent ni l'envie ni le besoin.
Après avoir reçu quelques messages s'inquiétant de cette absence prolongée (et j'en remercie chacun des auteurs de s'intéresser à mon cas), il est temps de faire le point, d'expliquer pourquoi ce long silence et vers quoi je me dirige.

La plupart d'entre vous le savent sûrement déjà (il suffit de lire entre les lignes de certains de mes articles libres pour s'en rendre compte) : cela fait un bon moment que je ne suis pas vraiment heureux. Frustré par des études ne menant à rien, étouffé par une ville dans laquelle je ne supporte plus de vivre, sensation de vide en observant mes amis partir un par un pour de nouvelles aventures, lassitude d'une vie routinière... Une dépression a fini par s'installer mois après mois, s'exprimant physiquement par des problèmes de santé et se traduisant par un ramollisement de ma part, au point d'en arriver au point de ne plus avoir envie de rien.

Il devenait urgent pour moi de faire le vide, de couper les ponts avec le passé et d'aller vers de nouvelles aventures. Dans cette quête de reconstruction, il est devenu évident que maintenir mon blog entretiendrait une routine que je cherchais à fuir, ne voulant plus être ce prisonnier consentant de la prison cyber-espace. J'ai besoin de vivre les chose concrètement, physiquement. Le temps passer à naviguer sur le web ou à rédiger mes articles, je veux désormais le passer en sortant de chez moi, en voyant pleins de films sans m'inquiéter d'avoir à les analyser après, en sortant avec des amis, en essayant de nouvelles drogues (le poppers, c'est très surfait en fin de compte)... Bref, en menant une vraie vie pleine d'expériences, d'erreurs et d'opportunités.

Je tient à préciser que je ne renonce pas totalement à rédiger des articles mais ceux-ci seront désormais plus rares, certainement pas quotidien (un ou deux par mois maximum) et uniquement dicté par mon envie de les décortiquer. La question qui se pose alors est de savoir si mon blog mérite encore d'exister. La réponse risque d'être négative. Ce qui ne signifie pas que je disparaitrais totalement du web.

Un ami internaute dont j'ai déjà vanté les mérités du travail a lancé récémment un site de cinéma, L'Ouvreuse.net, sur lequel j'officierai. La vision du cinéma et la manière dont il est défendu correspond totalement à mes convictions et je vous invite donc à me retrouver là bas, entouré par une équipe dont le travail mérite vraiment le détour, surtout que les mises à jour sont très fréquentes.

Il ne s'agit donc pas vraiment d'un au revoir mais juste d'une marque d'évolution de ma part. Je vais probablement déménager sur Lille dans les jours à venir, je termine mes études sans le moindre stress puisque je ferai autre chose à côté de bien plus interessant, je fait de nouvelles rencontres enrichissantes me permettant de mettre pas mal de choses en perspectives...
Par ailleurs, une opportunité de travail très excitante s'est présentée à moi dernièrement et, si tout se passe bien, cela pourrait aboutir à quelque chose de vraiment très intéressant. Il est encore beaucoup trop tôt pour en parler mais sachez que le méro n'est pas mort : il évolue.

Merci à tous pour votre fidélité et votre soutient.


ps : 99 francs sort mercredi prochain et c'est la claque de l'année ! courez-y !

# Posté le samedi 01 septembre 2007 14:28

Modifié le dimanche 02 mars 2008 21:56

CRITIQUE EN VRAC

CRITIQUE EN VRAC
Histoire de donner quelques avis éclairs :

- Infernals Affairs 2 : la saga prend une ampleur digne du Parrain mais c'est grave chiant. Quelques superbes scènes (principalement des exécutions), un casting toujours aussi forts où les seconds rôles du premiers s'épanouissent pleinement. 4/6

- Infernal Affairs 3 : la thèmatique des 2 premiers toruvent une belle conclusion mas l'épisode paraît bien artificiel. Si je devais résumer mes impressions sur le film, je m'en tiendrait à celles du psy : très bien écrites, fortes et belles mais prenant une place démesurée et n'apportant finalement pas grand chose. 3/6

- Sicko : La fin de Farenheit 9/11 m'avait agacé par son côté basique (le cas d'une mère américaine dont le fils est en Irak pleurait en gros plan pendant 15 minutes). Là, c'est pareil mais appliqué à tout le film. Quelques cas éloquent sur le système de santé US mais c'est finalement très creux, sans réel travail d'investigation ou de recherche. 3/6

- Hairspray : comme pour Chicago. Une super bande originale ne fait pas forcément un bon film quand le réalisateur derrière se contente du minimum syndical. Reste un casting de folie et le plaisir d'écouter les tubes du spectacle sur grand écran. Ca suffit à mon bonheur. 4/6

- La Revanche dans la Peau. Greengrass se foule pas trop et ressort la même mise en scène que pour le 2, la thèmatique et l'intensité des enjeux dramatiques en moins. Pas trop accroché donc, surtout que la Vérité derrière laquelle Bourne court depuis 3 films est un gros pétard mouillé. En clair, je toruve que le film n'apporte pas grand chose que du spectacle (et la narration situé en majeur partie entre le dénouement et l'épilogue du précédent opus va dans ce sens). 3/6

- Nothing : 4 ans d'attente pour ça. Un excellent sujet de court-métrage étiré sur 90 minutes, le vertige métaphysique et phylosophique auxquel le sujet se prêtait n'est queffleuré, les acteurs surjouent et les bruitage du sol invisible sont juste horripilants. Déception pour Natali. 2/6

- La Maison des 1000 Morts : ça part dans tous les sens, ça ressemble à un vilain DTV, c'est horriblement mal joué et ça pue le studio (ou pire, l parc d'attraction vu qu'une partie des séquences furent filmé aux parc Universal). Reste un côté vraiment malsain derrière des allures bariolées et quelques insert shootés au camescope vraiment glaque mêm si plaqué n'importe comment. Reste la scène splendide du meurtre du flic qui annonçait déjà la virtuosité de Devil's Reject. 2/6

- Devil's Reject : 100% bad ass, 200 rednecks, vraiment dérangeant, l'esprit du 1er Massacre à la Tronçonneuse est magistralement restitué, superbe bo. Un pur revival 70's furieux et malsain comme on en fait plus ! Une bombe et la confirmation que Rob Zombi possède un réel talent ne demandant qu'un peu de rigueur pour exploser. 5/6

- Tom Raider : ouai c'est très con, oui le personnage est à chier et oui le climax pue du cul. Mais j'avoue que ça se suit sans problème, Angelina Jolie a un beau joufflu, Daniel Craig is beautiful et quelques séquences d'action sont digne d'un jeu vidéo ce qui mérite d'être souligné dans l'univers sinistré des adaptations de game play. 3/6

- Tom Raider 2 : tout moche, tout naze. Une séquence vraiment intéressante (les monstres réagissant au mouvement), un Gerard Butler à faire bander un mort. Mais ça suffit pas à racheter la mise en scène toute molle de De Bont. 1/6

- Meurs un Autre Jour : insupportable parodie de James Bond. Rarement vu un film aussi con. Entre l'arrêt cardiaque, le surf sur banquise numérique tout moche, le palais des glaces ultra kitsch, le satellite digne de Batman et Robin, la voiture invisible et le climax immonde.. Un sommet de ridicule même pas assumé. 1/6

- The Wood : Lucky Mc Kee ne réitère pas l'exploit du sublime May mais accouche d'une petite série B fort classique mais honnête et parfois efficace, traversée par quelques instants de grâce. Pas un grand film (même s'il a apparement été massacré par les producteurs) mais il méritait mieux, comme Fragile de Balaguero, qu'une vulgaire sortie directement en dvd. 4/6

- Nacho Cerda : la Trilogie de la Mort. Un court-métrage d'étudiant fauché mais annonciateur d'une thématique sur la Mort, un hallucinant viol de cadavre aussi froid que bouleversant, une déchirante histoire de deuil centrée sur un artiste et la statue de sa femme... Un immense réalisateur est né. A découvrir absolument. 5/6
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 18 août 2007 20:32

Modifié le mercredi 19 septembre 2007 18:34

INFERNAL AFFAIRS

INFERNAL AFFAIRS
Un scénario diabolique questionnant la frontière entre le Bien et le Mal à travers les parcours parallèles de deux taupes infiltrées dans la police et dans les triades. Deux comédiens prestigieux ayant largement contribué au rayonnement occidentale du cinéma chinois, notamment pour leurs collaborations avec Zang Yimou ou Wong Kar Wai. Un tandem de réalisateurs bien décidés à livrer un grand polar quelque part entre Johnny To et Michael Mann... A sa sortie en 2002, « Infernal Affairs » affichaient suffisamment d'ambitions et des garanties pour séduire un public de plus en plus frustré par la médiocrité d'une production hongkongaise en mal d'inspiration. Et une fois n'est pas coutume, le résultat s'est révélé à la hauteur des attentes.


Bien qu'il ait en partie été vendu comme tel, ce suspens tendu autour des destins étroitement liés de deux policiers diplômés de la même académie est loin d'être un concentré d'action lorgnant du côté de John Woo. Le script d'Alan Mak aura eu beau faire mention de fusillades et de poursuites, il est intéressant de constater que rien de tout ça n'a survécu au tournage. La « faute » à Andrew Lau, cinéaste malin s'étant arrangé pour mettre en boîte l'essentiel de chaque séquence (des faces à faces) dans les temps impartis du planning de tournage, au détriment des combats superflus. Le film, il l'envisage d'abord comme un tableau désenchanté et amer du monde où le silence vaut bien plus que des mots. Parce que les deux héros se livrant indirectement une guerre sont forcés de maintenir leur identité secrète ; parce que leurs idéaux sont mis à mal et les forcent à s'interroger sur ce qu'ils étaient, ce qu'ils sont et ce qu'ils veulent devenir, « Infernal Affairs » accorde plus de poids à la profondeur des regards qu'aux actes finalement assez peu significatifs (le bon est forcé de faire le mal pour sa mission, le mauvais contribue à faire le bien). De là jaillira une profonde émotion, née de l'écoute d'un morceau musique déchirant, d'une exécution dans un parking ou du salut d'un cortège funéraire. La mise en scène se fait discrète, refuse l'explicatif et capture une sorte de spleen magnifié par une photo d'un bleu glacial et des décors déshumanisés de vitres et de béton. Dans ce récit d'êtres perdus en quête d'eux-mêmes, on comprend mieux ce qui rend chaque séquence phare aussi prenante en dépit d'une certaine économie de moyens. Par exemple, la longue séquence du deal de cocaïne qui boucle le premier acte ne repose pas sur la promesse d'un bain de sang ou sur la probabilité que le chef mafieux soit arrêté. La tension née simplement de l'éventualité que Yan soit démasqué à cause des messages en morse qu'il émet. Car encore une fois, le dialogue, qu'il passe par les mots ou les sons, est l'élément qui trahit l'identité d'un individu et risque de le mener à sa perte. Ce sera d'ailleurs le cas à la fin du récit, quand un simple tapotement de feuilles de papier sur la jambe permettra au policier infiltré de percer à jour le secret du traître.


Débutant par un générique rasant des statues d'icônes bouddhistes avant de s'achever sur un rideau de flammes, « Infernal Affairs » place d'entrée ses enjeux à un niveau spirituel, comme si un combat acharné entre le Bien et le Mal s'apprêtait à être livrer devant nous. Et effectivement, 90 minutes durant, il ne sera question que de ça. La construction narrative opère comme un miroir négatif pour sonder les tréfonds de l'âme de Yan (Tony Leung) et de Ming (Andy Lau), taupes infiltrés dans les camps respectifs de l'autre. Au look sale et aux blessures physiques du premier répondent des costumes classes et un appartement meublé des équipements derniers cris. La déchéance d'un flic en pleine dépression, usé par dix années de service à masquer sa vraie nature, contre l'ascension sociale du malfrat. Loin de tous clichés manichéens, le scénario d'Alan Mak sous-entend qu'aucun individu ne naît bon ou mauvais mais que l'environnement dans lequel il évolue finit par déteindre sur lui. Aussi, il est important de ne pas minimiser l'importance des seconds rôles au c½ur de drame poignant, et plus particulièrement ceux des pères symboliques. D'un côté : un baron de la drogue évoluant dans un décors éminemment religieux (peintures murales) et qui finira par mourir les bras en croix. Un antéchrist doté d'un vrai attachement à ses hommes qui le lui rendent au centuple (voir l'importance du code de l'honneur pour une des victimes d'une fusillade) et qui prendra le bon policier sous son aile. De l'autre, un chef de la police accordant toute sa confiance au voyou infiltré et l'aidant à gravir les échelons jusqu'à lui faire prendre goût pour le confort. Malheureusement, il est difficile de remonter à la surface après s'être aventuré trop près des Enfers. Il sera d'ailleurs question d'une chute meurtrière à la fin deuxième acte et lors du climax, deux séquences fortes appuyées par une bande originale accordant une large place à des ch½urs religieux. Dans ce monde d'hommes blessés et tiraillés entre leur rôle et leur identité réelle, seule les femmes (et par extension l'Amour) offrent un certaine stabilité psychologique, remettant les choses en perspective et tirant le meilleur de chacun. Dans ces seconds rôles plus effacés mais néanmoins écris, les trois comédiennes sont parfaitement à leur place.


Parce qu'il aura su revitaliser l'industrie du cinéma hongkongais tout en rendant avec élégance et discrétion ses lettres de noblesse au polar chinois, « Infernal Affairs » se sera imposé comme un des évènements cinématographiques de l'année 2002, récoltant toute une flopée de Prix aux Hong Kong Films Awards dont ceux de Meilleur Comédien pour Tony Leung, Meilleure Mise en Scène, Meilleur Montage et Meilleur Musique. Mais la plus belle récompense reste encore celle du public qui fit un tel triomphe au film que deux suites allaient être envisagée, sans compter un remake américain. La saga ne faisait que commencer.


NOTE : 5/6

# Posté le jeudi 16 août 2007 17:34

Modifié le vendredi 17 août 2007 00:03

GERARD BUTLER - chapitre 10

GERARD BUTLER - chapitre 10
Pour une fois, je n'ai strictement rien à dire sur mon article récrétion du jour. Résultat, il faut meubler, ce qui n'est pas forcément évident.
Faut-il revêtir le masque "bouche en cul de poule" pour s'offusquer d'un sujet de société (la misère en Afrique, la pollution, le massacre des bébés phoques...) pour bien montrer qu'on est vachement engagé dans l'avenir de la planète ? (ce qui est faux, je reste convaincu que l'Humanité doit savoir accepter sa disparition)
Faut-il ressortir un ancien texte de petit geek énervé fustigeant le mépris des chaînes françaises ou les éditeurs de dvd vis à vis du consommateur ? (mais ça commencerai à se voir à force)
Ou bien faut-il tenter le tout pour le tout en faisant un bon gros hors-sujet du type "les maladies vénériennes chez les papous" ou "le véritable café Jacques Vabre roulé sous les aiselles de péruviens asmathiques" (copyright Vanessa.Coquelle) ?

Rien de tout ça mes braves !
Plutôt que de tartiner du rien sur du vide, je rechausse mes pantoufles de grosse feignasse et me contente de vous livrer mon petit bilan de l'année 2007, ou du moins des 7 premiers mois. Quelques films ont gagné ou perdus des places en fonction du recul. Par exemple, Inland Empire a grimpé très haut après 2 revisionnages. A l'inverse, A l'intérieur me semble de plus en plus bancal aujourd'hui (même s'il n'est pas déplaisant). A noter aussi que les deux volets de Grindhouse trustent une confortable troisième place alors que pris individuellement, je ne considère pas les segment de Rodriguez et Tarantino comme des chef d'oeuvre. Mais le projet dans sa globalité (c'est à dire avec les fausses-annonces et l'esprit du pur plaisir rétro qu'il véhicule), lui confère un capital sympathie allant bien au-delà des films. A noter également que ce classement n'est pas définitif, le revisonnage de certaines oeuvres pouvant également changer la donne (je suis assez curieux de revoir Transformers vu le capital sympathie qu'à Michael Bay à mes yeux, j'ai encore du mal à croire qu'il ait pu me décevoir)

J'ai joui :
1/ Spider-man 3
2/ Inland Empire
3/ Grindhouse : Planète Terreur / Boulevard de la Mort

C'était vraiment très chouette :
5/ Apocalypto
6/ 300
7/ Sunshine
8/ Hot Fuzz
9/ Ratatouille
10/ La Vie des Autres
11/ Mise à Prix
12/ Rocky Balboa
13/ Lettres d'Iwo Jima
14/ Zodiac

C'était pas mal :
15/ La Môme
16/ Les Simpsons : le Film
17/ Pirates des Caraïbes 3
18/ Harry Potter et l'Ordre du Phénix
19/ Hellphone
20/ Steak
21/ Candy
22/ Delirious

C'était moyen (voir très moyen) :
23/ Une Grande Année
24/ Transformers
25/ Ocean's Thirteen
26/ Hannibal Rising
27/ A l'Intérieur

C'était mauvais :
28/ TMNT – les Tortues Ninja
29/ Proibido Proibir
30/ Il a Suffit que Maman s'en Aille
31/ Die Hard 4

C'était à chier :
32/ La Colline a des Yeux 2
33/ Les 4 Fantastiques et le Surfer d'Argent


Voilà, c'est fini pour aujourd'hui !
Ha non, juste une dernière chose : j'ai enfin crée un blog pour regrouper mes articles avec un sommaire. Je n'ai pas encore commencé le travail mais ça devrait venir petit à petit.
Les Archives du Mérovingien seront disponible à cette adresse.

# Posté le mercredi 15 août 2007 14:19

Modifié le mercredi 15 août 2007 14:34

PLANETE TERREUR

PLANETE TERREUR
Mine de rien, la sortie en deux temps du projet « Grindhouse » dans nos contrées aura permis de mesurer à quel point Quentin Tarantino et Robert Rodriguez ne jouent clairement pas dans la même cours. Alors que le premier évolue depuis ses débuts dans celle des authentiques cinéastes de génie, le second demeure un éternel bidouilleur plus ou moins inspiré en fonction des concepts qui lui passent sous la main. Résultat : avec un budget similaire et une ambition commune (faire renaître l'esprit des drive-in en rendant hommages aux films d'exploitation des 70's), les deux potes proposent des ½uvres radicalement différentes reliées entre elles par un même plaisir de spectateur. D'un côté : une histoire de cascadeur psychopathe calquée sur une structure de rape and revenge prétexte à démonter le narcissisme de son propre auteur. De l'autre : une invasion de zombis revendiquant son absence de fond et fonçant droit sur l'autoroute du divertissement jouissif et déconneur.


Du coup, on en viendrait presque à comprendre (à défaut de pardonner) les raisons qui ont poussées le distributeur français et le Festival de Cannes à éclipser l'opus de Rodriguez au profit de celui de Tarantino. Car artistiquement, « Planète Terreur » se situe effectivement en dessous de ce que proposait « Boulevard de la Mort », comme en témoigne par exemple l'utilisation des défauts de pellicule. Alors que le réalisateur de « Kill Bill » s'en servait pour marquer l'opposition entre le Stutman Mike issu du passé et ses victimes modernes (passage en noir et blanc avant la brusque arrivée de couleurs criardes, atténuation progressive des rayures et des sautes d'image traduisant la victoire d'un monde sur l'autre), le responsable de « Sin City », lui, ne les utilise que pour conférer un aspect vintage très classe à sa bande sans tenter de mettre en abîme ses inspirations. Pas forcément un défaut pour autant ceci dit. Car en privilégiant une approche modeste de son sujet, Robert Rodriguez livre un délire nettement plus en phase avec l'esprit des « Grindhouse » que ne l'est « Boulevard de la Mort », allant jusqu'à signer lui-même le trailer génial de « Machete » qui ouvre le double feature. Remarquons au passage que les deux seules références ouvertes au Cinéma (une déclaration d'amour à Ava Gardner et la bande-annonce du « Femmes en Cages » avec Pam Grier) sont dues à la présence de Tarantino dans un rôle introduisant déjà la réflexion qu'il développera dans son propre film (un soldat qui perd ses couilles en voulant violer des nanas : le rapprochement est très clair avec le sort réservé à Stutman Mike).
Série B décomplexée et parfois bordélique (des scènes du film ont carrément été tournées sur le parking de la boîte de production Troublemaker Studios !), « Planète Terreur » ne s'embarrasse d'aucun sous texte politique à la Romero, préférant étaler des hectolitres de pus et de sang à l'écran avec une générosité débordante. Décapitations avec l'hélice d'un hélicoptère, explosions de têtes, démembrements en tout genre, maquillages pustuleux, testicules coupées ou fondues... L'efficacité prime avant tout, comme viendra le rappeler le gag désopilant de la bobine manquante qui est autant un clin d'oeil aux désastres subits par certaines copies baladées de drive-in en drive-in qu'un subterfuge pour précipiter l'action sans l'alourdir de séquences explicatives.


Conceptuel, le projet « Grindhouse » semble avoir la même profession de foi qu'un « Kill Bill » : tirer vers le haut des sous-genre tombés en désuétude pour en extirper le meilleur ou en célébrer gentiment le pire. Aussi, avec des budgets nettement plus confortables que ce que coûtaient réellement les films d'exploitation autrefois, « Boulevard de la Mort » et « Planète Terreur » ne se contentent pas d'offrir des morceaux de bravoure réellement impressionnants type assaut d'un complexe militaire par une horde de zombis ou course-poursuite en voitures. Ils proposent également des qualités d'écriture rendant les personnages suffisamment attachants pour que l'on se soucie de leur sort. Et sur ce coup, force est d'admettre que les barges de Robert Rodriguez valent bien les pipelettes de Tarantino ! Dès son générique d'ouverture, le réalisateur mexicain sublime une Rose McGowan effectuant une danse sensuelle dans un club de strip-tease. La pellicule est sur le point de s'embraser face à tant de poses lascives quand soudain, l'image se stabilise. La jeune femme a fini son numéro et pleure sur scène. L'émotion éclate, inattendue dans un pareil contexte. La caricature de la machine à fantasmes s'évanouit pour laisser place à l'humain fragile. L'empathie est immédiate envers cette victime de la vie qui accèdera par la suite au statut d'héroïne de bande dessinée, une mitraillette greffée à la place de la jambe.
Tous les autres protagonistes seront ainsi caractérisé par des trouvailles amusantes (des seringues paralysantes, un bocal de couilles, une alliance perdue à cause d'un doigt tranché...) qui en dévoilent plus que de longs dialogues explicatifs, chacun possédant sa propre histoire autonome. Du coup, le métrage accompli l'exploit de nous toucher avec une simple discussion sur une recette de cuisine ou un problème d'adultère classique. Et si l'ensemble donne parfois l'impression de n'être qu'un enchaînement de situations forts bien troussées, l'audace dont font preuve certaines séquences (dont la mort inattendue d'un enfant) permet de hisser « Planète Terreur » plusieurs crans au-dessus de la simple blague potache et périssable du samedi soir. Robert Rodriguez n'a peut être pas tiré un trait sur les récréations filmiques où il fait cachetonner ses proches (ses nièces héritent ici des rôles de deux insupportables jumelles) mais rarement aura-t-il su le faire avec un tel prestige.


Bénéficiant d'un casting hétéroclite et d'une partition instantanément culte qu'on jurerait composée par John Carpenter, « Planète Terreur » ne possède pas la mélancolie du « Boulevard de la Mort » mais cultive si bien son côté bis (voir Z) qu'il ne peut que susciter la sympathie. Mieux : il retrouve la grâce d' « Une Nuit en Enfer », autre film gore du réalisateur sur lequel Tarantino avait déjà apporté sa contribution 10 ans plus tôt. La frontière artistique entre les deux hommes aura beau être bien marquée, il sera toujours heureux de les voir la traverser pour cohabiter dans le même pays du 7ème Art.


NOTE : 5/6

# Posté le mardi 14 août 2007 12:29

Modifié le mercredi 15 août 2007 01:12